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Méthodes et modalités pédagogiques

L’apprenant et le formateur : quelles relations, quelles méthodes pédagogiques, quelle posture ?

J’utilise les méthodes classiques et actives selon l’état d’avancement de la formation. Au début, j’expose et démontre. Les stagiaires, écoutent, mémorisent les connaissances et les gestes techniques. Je suis face au groupe. L’apprenant n’est pas encore autonome. Cette étape est indispensable en phase d’initiation (tableau, paper board, diaporama, vidéoprojecteur… sont utilisés). Puis, la formation avance et ma méthode devient active (questionnement, mise en situation réelle, études de cas, travail en groupes, formation individualisée), l’apprenant prend de l’autonomie et je l’accompagne et l’informe quand nécessaire.

Dans le cadre d’une formation « initiation » l’apprenant débutant est un peu spectateur de sa formation, car il doit intégrer un minimum de notions pour pouvoir devenir actif. C’est le moment pédagogique délicat pour le formateur qui prend la posture de l’expert. Ce moment ne doit pas trop durer pour que l’apprenant ne s’ennuie pas. C’est aussi une étape de la formation ou les membres du groupe se découvrent, où le formateur fait
plus ample connaissance avec chacun et où tout le monde réalise les mêmes exercices.

Puis vient le temps où l’apprenant maîtrise les bases et devient acteur de sa formation. Il doit pouvoir corréler les apprentissages avec ses expériences passées de façon à s’approprier les apprentissages et transformer les connaissances acquises en compétences. Le formateur devient plus un tuteur qu’un enseignant et la suite de la formation va devenir un travail collaboratif entre apprenant et formateur.

L’apprenant au fur et à mesure de l’avancée de la formation, doit prendre confiance, mobiliser ses compétences existantes pour en acquérir de nouvelles, il est au centre de la formation. Le formateur doit s’adapter à l’apprenant et ses compétences existantes et émergentes et accepter que la formation évolue et tout en conservant l’objectif final (en informatique c’est ainsi), il faut accepter de bouger un peu les lignes sans perdre de vue l’objectif final.

Les relations que j’entretiens avec les apprenants sont de type horizontales et non hiérarchiques. J’alterne les sessions collectives et individuelles.

La pédagogie par d’exemple

Il existe bien des critères pour la taxinomie des pédagogies, qualifiant la posture du formateur, positionnant les parties (apprenant, formateur, organismes divers, les uns par rapport aux autres), « critériant » les rythme d’apprentissages, qualifiant l’implication, l’individualisation éventuelle, la vie du groupe…etc.

J’ai tenté d’expliquer plus haut comment j’envisage mon travail sous ces différents angles. Outre ces différents aspects, une des caractéristiques principales de l’exercice de mon activité de formatrice est la pédagogie par l’exemple :

  • Mise en situation dans le contexte professionnel des apprenants.
  • Face à face avec un formateur professionnel : toutes les formations que j’assure concernent le fonctionnement de logiciels et matériels que j’utilise tout au long de l’année, en production, ce qui signifie que je suis confrontée à la réalité professionnelle, non seulement comme formateur, mais aussi comme prestataire, ce qui me permet de partager avec les apprenants des expériences concrètes et d’être exhaustive quant aux difficultés rencontrées sur le terrain et les solutions corrélées.
  • Alternance de cours théoriques et de travaux dirigés : en proportions respectives : 30% de théorie pour 70% de mise en pratique).

Le scénario pédagogique : formations informatiques et temps pédagogique

Gestion des groupes en formation

Gestion du rythme

Les rythmes d’apprentissage sont adaptés à la vie de groupe d’adultes en formation professionnelle : pauses régulières (une pause au milieu de chaque demi-journée) pour éviter les rythmes trop chargés. Les méthodes actives sont favorisées en fin de matinée et début d’après-midi pendant les périodes plus sensibles quant à l’attention des apprenants. Les notions théoriques sont abordées de préférence le matin, sachant que l’après-midi le niveau d’attention est généralement moins soutenu.

Fonctionnement du groupe

Le plan de la formation ou de chaque séance est rappelé en début de période, un rappel des objectifs est prévu. Les apprenants sont invités  régulièrement à formuler des questions, objections, des retours d’expérience, des points de vue le cas échéant. Les questions des apprenants sont reformulées à des fins de compréhension mutuelle. Régulation et adaptation sont intégrées dans la planification du rythme des formations. Pratique de l’écoute active et de l’observation des comportements des apprenants aux fins de rassurer, valoriser, entendre, informer, expliquer, reformuler… ainsi que pour faciliter la gestion des conflits et répondre aux contestations, le cas échéant. Un recadrage régulier, en fonction des objectifs et du temps imparti est indispensable.

Le scénario pédagogique : mon fil d’Ariane

Dans la plupart des formations que j’assure, le temps de formation est court et négocié entre l’apprenant et l’OF. Je dois respecter les rythmes d’apprentissage, et quelques fois les apprenants ne font pas tous la même chose en même temps. Chaque formation est pensée en amont. Elle fait l’objet de la rédaction d’un scénario pédagogique qui formalise par écrit le déroulement de l’intervention. C’est un peu comme un story board du déroulement détaillé des séquences de la formation.

Pourquoi ce scénario ? Le scénario, me permet d’éviter des improvisations hasardeuses. Ma prestation est bien préparée. Elle est formalisée. Cette préparation minutieuse permet de contractualiser le contenu avec les autres parties et d’être cohérente avec l’analyse des besoins. Les objectifs sont clairement établis, ce qui garantit autant que faire se peut, leur atteinte. En effet, il faut garder à l’esprit que les formations sont limitées dans le temps et qu’indépendamment des adaptions inévitables en cours de prestation, des étapes doivent être franchies en vue de l’atteinte des objectifs.

Le scénario me sécurise lors de la prestation. C’est pour moi un filet de sécurité rassurant. Et c’est grâce à ce cadre, bien ficelé que je vais pouvoir prendre quelques libertés pour m’adapter aux besoins du groupe, permettre le débordement de certaines séances, laisser les apprenants s’exprimer librement, tout en « retombant sur mes pieds » à la fin. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, grâce à ce cadre assez strict, la formation n’est pas bridée.

Un des aspects du scénario est de prévoir les besoins matériels précis adaptés aux méthodes et objectifs pédagogiques.

Un autre aspect non négligeable est de permettre la transférabilité. En effet, il pourrait m’arriver de tomber malade et d’être donc empêchée d’assurer la suite d’une formation déjà commencée. Grâce au scénario, dont, jour après jours je commente les étapes, tant concernant les étapes pédagogiques
franchies, que les résultats des évaluations formatives des apprenants, je sais que je peux passer le relais tranquillement et qu’un formateur ou une formatrice compétente dans la discipline enseignée, pourra prendre le relais en toute sécurité.

La première étape de l’écriture du scénario, c’est l’établissement du plan détaillé de la formation. (c’est le plan détaillé qui est fourni aux OPco ou aux OF qui me commandent une formation.

Dans un deuxième temps, le scénario est étoffé. Il reprend (les objectifs = pourquoi – les contenus = quoi – les méthodes = comment) :

  • Les besoins clairement identifiés (objectifs des apprenants précisément recueillis, pré requis strictement contrôlés…)
  • L’objectif global est clairement précisé
  • Un plan de formation précis et séquencé est établi avec des objectifs pédagogiques réalistes et précis pour chaque séquence. Chaque objectif est décliné sous la forme « être capable de… », visant précisément la compétence à atteindre.
          • Ces objectifs clairement définis permettent de passer un contrat clair avec le groupe, de favoriser l’implication des stagiaires, de donner un fil conducteur structurant à l’action de formation, de faciliter le choix des méthodes et d’évaluer les résultats de la formation.
  • Le timing (durée des séquences)
  • Les méthodes appliquées
  • Les moyens et outils nécessaires,
  • Les modalités d’évaluation des acquis

Exemple d’un scénario pédagogique d’une journée de formation

Emmanuelle Menny Fleuridas,  19 septembre 2018


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