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Histogramme

Nous avons étudié que le posemètre est un outil, certes utile, mais souvent trompeur, permettant de régler l’exposition correcte, en conjuguant correctement la vitesse d’obturation, l’ouverture du diaphragme et la sensibilité du capteur.
Votre APN reflex met à votre disposition un autre outil, très fiable pour s’assurer d’une exposition correcte. Il s’agit de l’histogramme.
Il s’affiche sur l’écran LCD de votre APN (mode live view). (Étudiez la notice de votre appareil pour savoir comment l’afficher).
Bien sûr l’histogramme est aussi un outil que l’on rencontre en post production, mais ce n’est pas le sujet du jour.


L’histogramme est une représentation graphique de la luminosité des pixels d’une photo.
• L’axe des abscisses indique la luminosité (du noir à gauche vers le blanc à droite en passant par 254 nuances de gris)
• L’axe des ordonnées indique la quantité de pixels pour chaque valeur de luminosité.
Pendant la prise de vue, l’histogramme qui pallie efficacement, en live view, aux déficiences de l’écran LCD, permet de contrôler l’exposition.
En post production, c’est-à-dire en phase de retouche, l’histogramme, notamment avec Photoshop ou Lightroom (que nous étudierons plus tard), permet un contrôle des réglages d’exposition, mais également du niveau de la saturation des couleurs. Il permet aussi de mettre en évidence, quand il prend l’apparence d’un peigne) les artefacts dus à un traitement trop lourd. Il permet aussi de contrebalancer un mauvais étalonnage de l’écran…

Les informations fournies par l’histogramme sont les suivantes :

• Détection et prévention des zones bouchées (zones toutes noires)
• Détection et prévention des zones brulées (zones toutes blanches)
• Détection et prévention de couleurs trop prononcées par saturation ou mauvaise balance des blancs.
• Détection de la postérisation (dégradé violent de couleurs)

Pour comprendre ce qui suit, précisons quelques termes.

• Luminance : intensité lumineuse d’une source de lumière
• Luminosité : intensité lumineuse perçue d’une source de lumière, calculée en tenant compte du ressenti de l’œil
• Tons clairs et foncés : couleurs ayant respectivement une luminance élevée et faible.
• RVB : mode de représentation des couleurs à partir des composantes Rouge, Verte et Bleue.(Je vous renvoie vers le cours expliquant les modes colorimétriques et leurs composants).

Généralement, l’histogramme est calculé sur 8 bits et dispose donc de 256 tons (de 0 à 255).
La répartition entre les noirs, les tons foncés, les tons moyens, les tons clairs et les blancs est approximativement celle-ci.

• Noirs : de 0 à 25
• Tons foncés : de 26 à 63
• Tons moyens : de 64 à 178
• Tons clairs : de 179 à 29
• Blancs : de 230 à 255

L’histogramme de luminosité permet de contrôler l’exposition, les histogrammes RVB contrôlent la saturation, tandis que l’effet peigne constate un effet trop resserré de l’histogramme et donc un traitement (en post production) trop poussé.
Finalement, qu’il s’agisse de l’histogramme de votre APN ou de celui de Photoshop par exemple, le principe et les explications relatives sont les mêmes. Aussi, vais-je reproduire ce qu’Adobe publie sur le sujet pour Photoshop et que vous pouvez retrouver en suivant ce lien :
https://helpx.adobe.com/fr/photoshop/using/viewing-histograms-pixel-values.html

« Un histogramme représente le mode de répartition des pixels dans une image en traçant le nombre de pixels (graphe) correspondant à chaque niveau d’intensité de la couleur. L’histogramme indique le niveau de détail dans les tons foncés (partie gauche de l’histogramme), les tons moyens (partie centrale) et les tons clairs (partie droite). Un histogramme permet de s’assurer que le niveau de détail d’une image est suffisamment élevé et que les corrections donneront ainsi de bons résultats.
L’histogramme fournit également une représentation rapide de la gamme des tons de l’image ou type de prédominance. Dans une image à prédominance de tons foncés, les détails sont concentrés dans les tons foncés. Dans une image à prédominance de tons clairs, ils sont concentrés dans les tons clairs. Enfin, dans une image dans laquelle les tons moyens sont prédominants, les détails sont concentrés dans les tons moyens. Lorsqu’une image dispose d’une gamme de tons complète, on trouve un certain nombre de pixels dans tous les types de tons. L’identification de la gamme des tons permet de déterminer les corrections de ton adéquates. »

lire un histogramme

« A. Photo surexposée B. Photo correctement exposée avec une tonalité complète C. Photo sous-exposée
Le panneau Histogramme contient de nombreuses options de visualisation des informations de tonalité et de couleurs d’une image. Par défaut, l’histogramme affiche la gamme des tons de la totalité de l’image. Pour afficher les données d’histogramme d’une portion de l’image, sélectionnez d’abord la portion voulue. »

Lire l’histogramme

histogramme long
Histogramme long : une image à fort contraste, qui utilise toutes les plages, du plus foncé au plus clair

 

Histogramme qui n'occupe qu'une partie restreinte : image fade
Histogramme qui n’occupe qu’une partie restreinte : image fade

 

Histogramme qui touche le bord de droite : une partie de l'image est surexposée, ou "cramée" (= une partie des blancs sont 100% blancs)
Histogramme qui touche le bord de droite : une partie de l’image est surexposée, ou « cramée » (= une partie des blancs sont 100% blancs)

 

Histogramme qui touche le bord gauche : une partie de l'image est sous exposée, ou "noyée" (= une partie des noirs sont 100% noirs)
Histogramme qui touche le bord gauche : une partie de l’image est sous exposée, ou « noyée » (= une partie des noirs sont 100% noirs)

 

Histogramme en dents de scie - perte de données générant un bruit excessif sur l'image (après des retouches "poussées")
Histogramme en dents de scie – perte de données générant un bruit excessif sur l’image (après des retouches « poussées »)

 

Utiliser l’histogramme à la prise de vue

Le capteur de l’appareil photo capture des informations dans une certaine plage de tons (un GAMUT : voir le pdf du début de la formation), plus restreinte que celle de l’œil humain.
L’histogramme permet de contrôler que l’on reste dans cette plage.
Si la courbe touche le point situé à l’extrême gauche du graphique, une partie de l’image est sous-exposée, si la courbe touche le point situé à l’extrême droite, une partie de l’image est surexposée (photo « cramée »).
On peut souhaiter ce type de rendu dans le cadre d’images très contrastées, high-key ou low key.
En revanche, si l’intention du photographe est de transcrire la réalité, il veillera à ce que toutes les nuances de tons soient capturées, donc à ce que la courbe soit intégralement contenue dans le graphique fourni par l’histogramme et ne dépasse pas les limites à gauche et à droite.
L’histogramme fournit une information objective qui compense les limites de l’écran LCD et permet de procéder aux réglages idoines de la vitesse, de l’ouverture et de la sensibilité.
Pour aller plus loin : http://www.pixelvalley.com/appareil-numerique/histogramme.php

Remarque : Evitez de trop sous exposer

Sauf intention spécifique, évitez de trop sous exposer.
Schématiquement, gardez à l’esprit qu’approximativement 50% des information colorimétriques sont contenues dans les tons clairs, 25% dans les tons moyens et 25% dans les tons foncés.
Ce qui a son importance quand on choisit de shooter en raw, pour disposer de fichiers contenant un maximum d’informations colorimétriques et de luminosité au moment de la retouche.


Emmanuelle Menny Fleuridas, le 02 juin 2017


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